Travaux pratiques dans les limites planétaires, suite à la rencontre entre Vivre et le Président d’Inspira

Nous reprenons ici le texte édité par l’association Vivre le 14 septembre 2026 sur son blog Vivreactu

La multiplicité des crises et la frénésie productiviste rend très difficile la tâche des responsables politiques. Passer des réflexes aménagistes dignes des trente glorieuses à l’invention de nouveaux espaces pour une nouvelle industrie se fait sur un fil. Les imaginaires des individus et les imaginaires collectifs doivent évoluer très vite,  reconstruire des points de vue nouveaux. 

Comment permettre aux investisseurs une rentabilité à deux chiffres, la prise en compte de nouvelles relations aux vivants, et changer les méthodes de production ? Le défi paraît impossible, en tout cas tellement contraint par l’urgence climatique et la sixième extinction de masse, qu’on se dit parfois que seule la catastrophe permettra d’engager les esprits vers les changements indispensables. 

Sujet du baccalauréat 2027: comment mettre d’accord un tour de table d’investisseurs, les élus d’une Com Com, des citoyens mobilisés pour l’environnement, les programmes européens et le groupement d’achat de supermarché sachant que la tornade s’abat après 3 mois de canicule et sécheresse ? 

Vous avez 8 mois… 

On ramasse les copies.

Rencontre un matin d’août 2026 entre les tenaces militants de Vivre, l’association environnementale qui a mis trois fois en échec Inspira dans des recours juridiques, et Thierry Kovaks, nouveau président d’Inspira, par ailleurs Maire de Vienne et en charge de l’économie au SCot Rives du Rhône (Schéma de Cohérence Territoriale). Objectif: échanger sur la nouvelle charte d’Inspira, document qui permettra de cadrer la candidature d’entreprises à leur installation sous les fumées des 8 incinérateurs de la zone industrialo-portuaire. Objectif secondaire, faire en sorte que les Vivre ne viennent pas manifester sous les fenêtres de la péniche sans eau, siège d’Inspira, histoire de ne pas couler une nouvelle fois les élans aménagistes. 

Sincèrement, c’est agréable d’être face à un élu qui ouvre les dossiers, accepte les modifications et prend le temps d’échanger sur le fond. Le fait qu’il soit accompagné par deux personnes de l’équipe d’Inspira fait penser que les modifications apportées seront réelles et que le texte qui sera soumis au vote très prochainement portera la trace de ce rendez-vous.

Vivre à déjà fait bouger l’institution, par le combat juridique. C’était sur la question de l’eau et on est passé de 80 000 m3 par jours à 2 000 ! Pas mal non? On se demande comment ce type de changements est possible! Mais à quel prix cette évolution s’est-elle réalisée ? grâce à combien d’efforts militants ? On peut espérer que la méthode par concertation soit un peu plus douce… Mais il ne faut pas avoir peur de la conflictualité.

Par ailleurs les politiques publiques commencent à faire entrer dans les têtes que la décarbonation répond au enjeux d’une autre limite planétaire : les bouleversements du climat. 

Ainsi cette nouvelle charte d’Inspira intègre plus ou moins deux limites planétaires. Ce qui ne veut pas dire que tout est en ordre. 

Par ailleurs il reste encore un certain nombre de limites planétaires à faire entrer dans la ligne de mire des aménageurs. 

On pourrait citer: 

1 – La perturbation des cycles biogéochimiques qui suppose de réduire la fabrication d’intrants agricoles issus du pétrole et de l’extractivisme.

2 – la perte de biodiversité et une sixième extinction en cours. Nous pouvons témoigner de la disparition du Bruant Ortolan (et il y a d’autres espèces) sous l’extension incontrôlée des activités industrielles du Nord Drôme.

3 – La concentration atmosphérique d’aérosols (c’est en lien avec le tiret 5).

4 – le changement d’usage des sols 

Ici, le vice président du SCoT nous apprend que 9 hectares sur 10 de friches industrielles sont perdus! C’est à dire que ce sont des cimetières industriels, des sanctuaires des 70 piteuses, des témoins inavoués de la rapacité industrielle: “Take the money and run”. Certes acheter des terres agricoles à 7 000 € l’hectare c’est plus économique que de mettre 3,5 millions d’euros par hectare dans la dépollution. Mais pour les générations futures on ne peut plus penser détruire une terre et partir…

On peut partager l’optimisme de Hannah Richie, dont la lecture nous a été conseillée par le président, il n’en demeure pas moins qu’attribuer le changement d’usage des sols à la seule agriculture est un trompe l’œil. 

Il faut être vigilant soit-même aux procédés intellectuels rassurants mais qui ne font que pousser le poison sous le tapis. 

Le lien est de plus en plus étroit entre agriculture et industrie (mécanisation et robotisation, engrais, chimie, pétrole, transport…) (au moins une des entreprises d’Inspira en est l’exemple avec le stockage massif d’engrais), la déforestation est d’abord une industrie du bois mondialisée, l’extractivisme forcené est aussi un modèle qui obère des démarches d’innovation s’appuyant sur d’autres approches (voir le modèle électrique uniquement basé sur les terres rares).

5 – Et la limite planétaire qui explose tous les compteurs : les nouvelles entités, l’invasion du plastique, toutes les matières issues de la chimie des intrants agricoles, de la pharmacie, toutes matières qui couvrent l’océan, les sommets alpins, les nuages et le plus profond de nos corps à tous. 

Et là le chantier est à la fois nouveau, gigantesque, remet en cause tout le système et vient percuter nos imaginaires du progrès, du soin, de la modernité.

Comment inscrire dans la charte qu’il faudra bien un jour que les usines se passent de PFAS, par exemple ne plus utiliser de scotch ou du moins pas ceux fabriqués aujourd’hui, ne plus utiliser de biocides, se dé-plastifier…

On voit bien que l’imaginaire de notre édile, comme le notre, peine à trouver les chemins pour agir tant les solutions aux multiples crises en cours bouleversent tout ce qui constituait nos espoirs, nos facilités, nos progrès…

Repenser nos existences avec des matières inscrites dans les cycles du vivant, penser les conséquences de nos pratiques dans le temps long, c’est tout le mode de vie industrielle qui est interrogé. On est pas sortie du sable!

On voit la marche à descendre : chaque français ne devrait utiliser que 2 tonnes de carbone par an, alors que nous en utilisons en moyenne 8 tonnes. Histoire de rire (jaune), faites le calcul sur le site du gouvernement: https://www.info.gouv.fr/actualite/calculez-votre-empreinte-carbone

Mais ce qu’il y a de certain, c’est qu’il faut arrêter ce qui crée les désordres climatiques actuels. A 34°C les tomates ne pollinisent plus, à 50°C ce ne sera que désert, et imaginer des politiques publiques pour +4 degrés, c’est imaginer vivre à 50°C. Non merci. Donc stop!

D’une lutte locale aux enjeux globaux

Ce 26 septembre, nous profitons du rendez-vous initié par ASSEZ! pour faire le point sur la lutte contre les échangeurs, symbole de l’inadaptation des politiques publiques aux enjeux vitaux auxquels nous faisons face, pour ajouter un point de rendez-vous supplémentaire sur la carte de France

Signez l’appel https://26septembre.org/

comme 38 242 signataires dont 881 organisations.

Que pourrions nous faire avec 10 M€ ?

Échangeurs autoroutiers

Que pourrions-nous faire avec 10 Millions d’euros ?

Les échangeurs autoroutiers (Saint-Rambert d’Albon et Saint- Barthélemy-de-Vals), les zones d’entrepôts et d’industries (comme Axe 7) qui vont suivre sont censés amener des emplois. Or, les chiffres de la Préfecture montrent l’inverse : de 2012 à 2022, pour chaque hectare de terre sacrifié, seulement 1,62 emploi créé. (source DDT Drôme).

Et pourtant des dizaines de millions d’€ provenant de vos impôts vont être engloutis dans ces projets et impacter 130 hectares de terres agricoles à St Rambert et Albon .    De plus    on s’attend    à une augmentation significative du trafic routier par effet banlieue de Lyon.

Les transports sont la cause d’un tiers de la pollution de l’air, qui provoque 40 000 morts par an en France ! (source Santé Publique France).

Alors changeons le logiciel    et passons à des projets plus réalistes. Interrogeons-nous : avec l’annulation des projets d’échangeurs que pourrions-nous faire des 10 M€ prévus ?

Le réveil de la vallée, suite…

Malgré la pluie, nous étions finalement une bonne centaine à venir défendre les terres agricoles contre les échangeurs A7. C’est un bon début! Nous savons que le combat sera long, comme l’a rappelé Fabrice Pialat de l’association ASSEZ!

Assez! à demandé à Maitre Huglo Lepage de déposer un recours contre la déclaration d’utilité publique des échangeurs A7. Le combat juridique ne fait que commencer pour sauver la Vallée du Rhône contre « l’aménagite aiguë », les projets inutiles et climaticides. Et ils sont nombreux, comme l’a rappellé Georges Montagne, Président de Vivre.

Tous les Rambertois ne sont pas pour la destruction des terres agricoles comme l’a rappelé, devant la Mairie, Jacqueline Monchaux, présidente de l’ASER.

Dans le cortège ont pouvait entendre les slogans « on veut vivre ici, pas chez Vinci », « la terre aux paysans » ou encore « des butineurs pas de betonneurs ».

Elzear

Les vœux de Point de Bascule

On peut toujours réver…

Nous souhaitons une bonne année 2025 à tous nos adhérent.e.s et ami.e.s.

Que celle-ci soit l’année de la prise de conscience des limites planétaires et que nous évitions les points de bascule vers une situation catastrophique.

Nous faisons le vœu que les pouvoirs publics locaux, régionaux, nationaux et européens prennent en compte les appels incessants de l’Organisation des Nations Unies à changer de modèle.
Pour ce faire, nous resterons vigilant.e.s et rappellerons la nécessité d’œuvrer à la sauvegarde d’une agriculture locale et au développement d’une alimentation et des modes de transport de proximité.

Nous veillerons à ce que les projets d’aménagements ne viennent pas aggraver les pollutions déjà pénibles pour les populations humaines et l’ensemble des forces du vivant dont nous souhaitons être les porte-voix.

Comme les canaris dans les mines permettaient de prévoir les coups de grisou, les espèces en voie de disparition nous signalent la catastrophe en cours.

Le bruant ortolan

et l’oedicnème criard sont nos canaris d’aujourd’hui.

De dérogation en dérogation, leurs espaces de vie disparaissent, les oiseaux avec.

La compensation n’y fait rien…

Participation du Public par Voie Électronique pour la création de la Zac Axe7 – Avis N°4 – association Point de Bascule

par Aude Boisadan

Je suis plus que dubitative sur la pertinence de ce projet compte tenu des multiples alertes de la communauté scientifique : dérèglement du climat, effondrement de la biodiversité, épuisement des ressources, pollutions multiples… Ce sont des menaces majeures, réelles et documentées que nos politiques n’ont pas l’air de prendre au sérieux. La création d’une ZAC sur notre territoire ne va faire qu’aggraver toutes ces menaces avec des conséquences directes pour notre territoire et ses populations.

Concernant le respect de la procédure, je suis surprise de ne pas voir l’avis de la MRAe n°2024-ARA-AP-1715 délibéré le 16/07/2024. « Conformément à l’article R.123-8 du Code de l’environnement, il doit être inséré dans le dossier du projet soumis à enquête publique ou à une autre procédure de consultation du public prévue par les dispositions législatives et réglementaires en vigueur. » (extrait du préambule relatif à l’élaboration de l’avis)

Enfin, la communication autour de cette consultation publique en ligne me semble un peu timide comparée à d’autres sujets ou événements…

Participation du Public par Voie Électronique pour la création de la Zac Axe7 – Avis N°3 association Point de Bascule

Par Bruno Dervieux

Merci de donner la parole aux citoyens que nous sommes. Il est toutefois dommage que les recommandations de la MRAe (Mission Régionale d’Autorité environnementale) données en juillet 2024 n’aient pas été suivies : l’Autorité environnementale préconisait en effet pour la lisibilité et la compréhension du projet, de scinder les différents documents mis à disposition du public sur la page dédiée à cette PPVe. Ce n’est pas le cas dans les documents proposés cette PPVe. Surtout, le document de 21 pages de la MRAe ne figure pas dans les documents que le Public peut consulter, alors que le Mémoire en réponse du document de la MRAe y figure, que de larges allusions à l’avis de l’Autorité environnementale dans les notes du PPVE, sans que le public n’ait connaissance sur cette page de l’avis de l’Autorité environnementale proprement dit.

1°) Au niveau de la philosophie du projet du Parc d’activités Axe 7, la démarche ERC : Éviter – Réduire – Compenser n’est pas, à mon sens, suivie :

  • pour l’évitement, les rédacteurs du projet semble se féliciter que la surface du Parc d’activités est plus réduite que le projet de 2009 : mais il y a tout de même augmentation de la surface du Parc !
  • pour la réduction, il est proposé 21 ha d’espace naturel ou agricole – mais c’est bien une perte de surface agricoles au total !
  • pour la compensation, le calcul fait est uniquement financier !
    On ne comprend pas comment l’objectif de la ZAN (Zéro Artificialisation Nette) va être poursuivi, ZAN traduit pourtant dans la loi de 2023.

Contrairement aux recommandations de la MRAe, l’étude de l’impact conjugué de la zone Inspira de Roussillon et des demi-échangeurs autoroutiers n’a pas été vraiment accomplie.

2°) Pour la biodiversité et les milieux naturels, mon sentiment est qu’on va encore sacrifier la flore et la faune sur l’autel de l’économie. En effet, l’étude d’impact de la réalisation du Parc sur différents animaux et les mesures pour les protéger-semble très optimiste, voire complètement irréaliste. Par exemple, écrire que le Bruant ortolan ne sera pas éliminé de la zone grâce à quelques hectares laissées à l’agriculture (fraises ou plantes aromatiques) frise la mauvaise foi, sinon le mensonge ! De même, le dispositif de nouvelles clôtures (trous ?) semble inadapté – ou en tout cas abscons – pour laisser passer les petites mammifères. Et la pollution lumineuse du Parc va contribuer à coup sûr à la disparition de nombreuses espèces sur la zone…
La lutte contre les espèces invasives (Ambroisie ou moustiques tigres) n’est pas documentée, ou de façon extrêmement floue, alors que c’est une préoccupation énorme pour les habitants (prolifération des moustiques chaque été ; plantes allergènes avec un pollen de plus en plus agressif.

3°) Pour le cadre de vie : malgré les dénégations, le PAC va induire forcément augmentation du trafic routier, donc va entrainer une pollution supplémentaire, et donc une qualité de l’air dégradée qui va être encore plus nocive pour la santé des populations. A cet égard, les documents de l’ORCAE (Observatoire régional Climat air énergie) montre bien que la détérioration de la qualité de l’air concerne non seulement les zones en contact direct avec les activités industrielles et les infrastructures de transport, mais plus largement l’ensemble de la vallée du Rhône, donc forcément l’ensemble des habitants de la Communauté de Communes Porte de Drôme Ardèche.
Les infrastructures pour encourager les « transports doux » sont encore embryonnaires sur notre territoire : la plupart des communes concernées ne possèdent pas de pistes cyclables suffisamment nombreuses et sécurisées, le transport ferroviaire des voyageurs n’est pas encouragé (cf. fermetures des gares pour l’accueil des voyageurs, toujours pas de ligne ferroviaire sur la rive ardéchoise du Rhône, etc.).

Est -ce que la Communauté de Communes ne pourrait avoir une politique plus volontariste, au lieu de reproduire les schémas du Passé ? C’est mon souhait en tout cas.

Participation du Public par Voie Électronique pour la création de la Zac Axe7 – Avis N°2 association Point de Bascule

par Antoine Conjard

Axe 7 et les limites planétaires


Selon le Stockholm Résilience Center (1) les limites planétaires sont un ensemble de neuf processus, définis et mesurés scientifiquement qui régulent la stabilité et la résilience du système terrestre.
Leur dépassement met la vie sur Terre en danger (tout simplement). L’ONU a adopté cette approche par les limites planétaires, c’est une manière de mieux évaluer et comprendre les effets des activités humaines sur les éléments qui permettent la vie et la vie humaine en particulier. Focaliser l’attention sur le seul changement climatique ne permet pas de comprendre l’ampleur des phénomènes en cours.
Actuellement, 7 des 9 limites planétaires sont dépassées. Ce qui nous rapproche de plus en plus d’un potentiel point de non retour : un point de bascule.
Ces limites ont été dépassées à cause du modèle de développement promu par le modèle industriel, modèle qui s’est généralisé ou presque, à tout le globe.
Aujourd’hui on ne peut plus dire qu’on ne savait pas. Le modèle industriel est en train de détruire nos conditions de vie sur terre. Donc tout nouveau projet qui s’appuie sur les imaginaires productivistes, sur les modèles de la consommation industrielle doit être observé avec la plus grande circonspection : ce projet est-il vraiment indispensable pour la vie des générations futures? ou bien va-t-il contribuer à aggraver la situation?


Où se situe le projet Axe7 par rapport aux limites planétaires?


Les propositions, ci-dessous, à partir de 5 limites, sont une manière de construire une grille de lecture. Ce n’est pas un avis définitif mais une direction de travail adaptée aux conditions du 21e siècle. Où l’on verra aussi que le processus de chaque limite est en interaction avec les autres limites…


AUGMENTATION DES AÉROSOLS


Cette limite n’est pas encore quantifiée à l’échelle mondiale, mais nous le constatons quasi quotidiennement, la qualité de l’air est rarement « bonne » dans les indices d’Atmo-Aura (3), souvent médiocre à très mauvaise, surtout le long des axes routiers comme l’A7, mais les

mauvaises qualités de l’air touchent tous les habitants. Quelles sont les conséquences sur la santé?
Les entreprises qui se sont installées à Saint-Rambert, à Andancette, Albon et Anneyron sont étroitement liées aux flux mondialisés de marchandises industrielles, quand elles n’en sont pas un maillon essentiel. Sans présager du type d’industries qui pourraient s’installer sur Axe7, le seul transport représente une part importante d’émission de micro et nano particules dans l’air, dans l’eau, dans les sols (frein, pneumatiques, échappement…).
Espérer le vent pour disperser les polluants, c’est juste envoyer nos déchets à nos voisins…ou les diluer dans les forêts génératrices de nos eaux potables…
Favoriser le transport routier, favoriser la dépendance du territoire aux échanges internationaux est une erreur en matière de santé publique.


ÉROSION DE LA BIODIVERSITÉ


Si la santé des humains est affectée par la toute puissance des sacrifices à l’économie, les autres vivants aussi en payent un lourd tribut.
Le terme « érosion » donne le sentiment d’un processus lent. En fait la disparition des espèces et la chute vertigineuse du nombre d’individus dans une espèce sont engagées dans un rythme qui fait que l’on parle de 6e extinction de masse, la dernière ayant été celle des dinosaures… Et cela c’est accéléré depuis 30 ans…Un oiseau qui meurt, un mammifère qui disparaît n’est pas remplacé. Leur mort n’entre pas dans le cycle naturel, c’est le cycle naturel qui disparaît.
Toute atteinte à la biodiversité relève d’une forme de crime contre les autres vivants et contre notre descendance, puisqu’il existe une interdépendance entre toutes les espèces.
Le béton et le goudron d’Axe7 n’ont plus leur place dans des projets d’avenir…
Les « études » de la LPO concernant les espèces protégées tendraient à montrer que certaines auraient disparues des espaces convoités par Axe7. Ce n’est que le fruit d’une artificialisation déjà engagée depuis de nombreuses années, sans véritable limite… Il est assez étonnant que l’ont puisse constater sans sourciller qu’après l’implantation de DPD, Coulidor et Dentressangle, il n’y aurait plus de bruant ortolan à St Rambert!
Les oiseaux sont les sentinelles du futur de nos enfants… mais leurs biotopes a été détruit…

CHANGEMENT D’USAGE DES SOLS

L’artificialisation des sols est une des causes du changement climatique, de la hausse des températures, du changement du régime de l’eau… Le modèle de croissance basé sur l’artificialisation induit de nouveaux hectares de goudron, de tôle et de béton avec quatre principaux effets :

1- la spéculation foncière organisée par les pouvoirs publics sur le dos des milieux naturels et de l’agriculture. Sans des terres à bas prix le modèle économique de la création d’une ZAC ne tient pas. Ce processus conduit à vendre les terres à des entités financières finalement inconnues totalement soumises aux aléas des marchés mondialisés.

2- La péri-urbanisation du territoire et son corollaire d’augmentation de trafic avec toujours plus de routes et de parkings…

3- La perte de biodiversité et la simplification des espaces, la réduction ou la suppression de trames vertes et de trames noires. Les engagements à la compensation sont un leurre : une vie perdue est perdue (qu’elle soit humaine ou animale), une terre stérilisée est stérilisée, elle ne peut être remplacée. Le modèle de la compensation est une dérive de la financiarisation du vivant, un alibi facile pour gestionnaire hors-sol, dé-sol-idarisé, qui n’est plus solidaire avec les autres vivants.

4- Les changements de régime des eaux et leur pollution inévitable. Que savons nous de la lente descentes de ses polluants vers les aquifères? Que réservons-nous à nos descendants?
Par ailleurs, le modèle industriel mondialisé importe des matières premières et manufacturées qui sont le fruit de la déforestation et de l’artificialisation d’autres territoires à l’échelle mondiale. Favoriser le « système logistique » ici, c’est accroître les causes de la perte des sols en cours à l’échelle mondiale.
L’étude sur l’artificialisation dans la Drôme conduite par la direction des territoires de la Préfecture, montre que d’autres modèles que ceux s’appuyant sur l’artificialisation sont plus vertueux en matière d’emploi et de croissance des revenus des ménages.
Le modèle de développement promu dans le Nord Drôme n’a pas d’avenir. Il ne prend pas en compte les besoins des populations. Il est le produit d’un raisonnement simpliste, productiviste et économiste qui génère une maladie jusqu’ici incurable : « l’aménagite ». Il est le fruit dangereux d’un imaginaire du développement des années 50 du 20e siècle, les trente glorieuses qui se sont avérées être les « 70 désastreuses ». Il faut donc des catastrophes climatiques pour remettre en cause l’aménagite aigüe…?


CHANGEMENT CLIMATIQUE


C’est la limite planétaire dont on parle le plus, pour cause, nous la percevons dans nos corps, certains même en meurent, pour le moins c’est la manière la plus directe avec laquelle la nature se rappelle à l’homo economicus. Le principal facteur de changement climatique sont les gaz à effet de serre. Un français consomme en moyenne 7 tonnes de CO2/an. Selon l’accord de Paris, il faudrait tomber à 2 tonnes…
On voit ici que favoriser aujourd’hui le transport et l’industrie n’est pas adapté aux enjeux du 21ème siècle.
Il faut changer de mode de vie…
L’imperméabilisation des terres et la création d’îlots de chaleur est une autre cause du réchauffement climatique.
Ici encore le projet de ZAC est une erreur.


ENTITÉS NOUVELLES DANS LA BIOSPHÈRE


Entités nouvelles = des matières qui n’entrent pas dans le cycle du vivant et qui le plus souvent ne sont pas inertes. Elles ont donc des effets sur la santé des biotopes, des autres vivants selon leurs sensibilités et de l’humain en particulier.
L’industrie crée sans cesse des matières nouvelles (plastiques, produits chimiques, médicaments…). Il faut 9 mois pour mettre un produit nouveau sur le marché, des dizaines d’années pour le retirer (amiante, chimie agricole, PFAS…). Le trafic routier génère une dispersion d’entités nouvelles dans l’atmosphère et dans les sols (carburants, produits du moteur à explosion, graisses, pneumatique et leurs multiples composants, freins…)
Concentrer la circulation des automobiles et camions c’est inévitablement en accroître le nombre et donc augmenter les pollutions. Favoriser l’industrie mondialisée c’est favoriser la production de matières nouvelles souvent moins chères parce que ne comptabilisant pas leurs externalités, notamment la dette écologique à l’égard de nos enfants. Par exemple des produits chimiques fabriqués dans notre région pour engraisser des porcs chinois…
Quel sens cela a-t-il? Les promoteurs de ce type d’activité payent-ils vraiment le transport à son juste prix?


AXE 7 : UN PROJET NUISIBLE


On le voit à partir de ces quelques explorations dans les limites planétaires, Axe 7 est un projet trop vieux, trop tard, imaginé dans la suite de l’euphorie des « 70 gaspilleuses ».
Plutôt que de favoriser l’activité des fonds de pension des riches de la planète, les pouvoirs publics devraient prendre soin des communs, l’eau, l’air, les sols et les autres vivants.
Le fantôme du bruant ortolan hante les dossiers d’instruction, les demandes de subventions, les projets d’aménagement, les réunions du système politico-administratif. Dans leur voiture électrique en forme de vaisseau spatial, les riches rêvent d’un ailleurs hors planète: laissons les s’envoler, mais pour toujours…
Ici retrouvons des plaisirs plus adaptés à la vie sur terre.


1- https://www.stockholmresilience.org/research/planetary-boundaries.html

2 – https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/publications/ thema_analyse_11_limites_planetaires_octobre2023.pdf


3 – https://www.atmo-auvergnerhonealpes.fr/services

Voir aussi – Avis n°1 sur le projet de ZAC Axe7 par Point de Bascule sur pointbascule.fr


Participation du Public par Voie Électronique – Avis n°1 de l’association Point de Bascule

par Jean-Yves Champeley

Ce projet de parc Axe 7 consiste à vouloir s’emparer d’une centaine d’hectares de terres agricoles pour les revendre à des entreprises qui artificialiseront ces sols. Il s’agit aussi d’élargir et de créer des routes sur ce parc d’activités. Afin de tenter d’excuser un pareil saccage des terres agricoles, ce projet promet 9,5 hectares de « parc agro-naturel » ou « agro-touristique » comprenant néanmoins parkings et route de 4 mètres de large en lieu et place d’un chemin vicinal. Des 115 hectares de terres agricoles, il ne subsisterait que 17 hectares cultivables. Ainsi les 3/4 de ces 115 hectares agricoles seraient irrémédiablement détruits. L’intérêt actuel et futur du potentiel agronomique, faunistique et humain de ces riches terres irrigables n’est pas même évoqué. La protection des terres agricoles de la basse vallée de la Valloire ne semble pas digne d’intérêt pour les élus de ces communes et de l’intercommunalité. Pourtant depuis des siècles, ces terres de la vallée d’or (vallis aurea) sont un des greniers à blé de notre région. La défense de l’agriculture et des milieux naturels n’est donc toujours pas à l’ordre du jour de la comcom PDA.

Ce projet de destruction des sols naturels ne pourra jamais produire le millier d’emplois nouveaux promis. Le ratio entre les hectares artificialisés et les emplois créés a été calculé par les services de préfecture de la Drôme. Ces dernières années, le ratio pour la comcom PDA est de 1,62 emploi nouveau par hectare artificialisé (note artificialisation, DDT 26, janvier 2024). Si nous appliquions ce coefficient aux 76 hectares ou aux 115 hectares, nous arriverions à un solde entre les emplois détruits et les emplois créés équivalent à une centaine d’emplois nouveaux. Depuis dix ans, cette politique d’artificialisation des sols afin de créer des emplois n’a eu aucune incidence notable sur le nombre de chômeurs. Depuis dix ans, ce nombre de chômeurs est toujours compris entre 2300 et 2500 personnes. Cette politique de bétonisation et de vente à l’encan du «foncier en or» ne fait pas baisser le chômage tout au contraire. Ce projet conforte un modèle faussement industriel qui cache une précarisation de la population et une périurbanisation du territoire. C’est à dire une très forte consommation des terres agricoles, la réduction de la biodiversité et des espaces naturels continus, la mise en danger des activités agricoles, la confortation du tout-voiture et du tout-camion ainsi que la déprise des centres villageois anciens et l’enlaidissement des paysages communaux.

Aucune réflexion alternative à ce projet de ZAC n’a été envisagée. La concertation avec les agriculteurs se limite finalement à une proposition de rachat de leur terre sans écouter leurs propositions et leurs demandes. Les mesures de compensation sont assez grossièrement établies. Les constats et les demandes des associations environnementalistes ne sont ni sollicités ni entendus. Le mémoire en réponse de la comcom PDA est une réponse rapide et assez maladroite aux observations de la MRAe dans son avis du 17 juillet 2024. La chambre d’agriculture, la SAFER et la comcom PDA ne peuvent pas décider seules de la destruction des terres agricoles sans avoir entendu l’ensemble des citoyens qui sont tous concernés par la disparition des sols vivants.  Les citoyens et contribuables ignorent le coût financier de cette politique locale de spéculation foncière qui tourne le dos aux défis d’avenir : la résilience alimentaire et climatique. La comcom qui est à l’initiative de cette vaste opération immobilière, ne publie pas ses bilans financiers contrairement aux demandes de la Cour régionale des comptes (audit CRC, Lyon, décembre 2022). 

 

Pour toutes ces raisons nous soutenons l’avis de la MRAe du 16 juillet 2024 (avis n° 2024-ARA-1715). Cet avis n’est pas placé sur le site de la comcom au sein de l’onglet dévolu à cette PPVE ; ce qui est plus que regrettable. En conséquence nous demandons : 

 

Pourquoi vouloir une ZAC aussi grande et à 6 km de l’autre projet de ZAC Inspira et de zones communales non encore totalement loties ? Quel est l’intérêt pour les 34 communes de concentrer pareillement les activités en un seul lieu alors que 28 % des actifs travaillent sur leur commune de résidence et qu’il n’existe aucun transport en commun pour se rendre sur cette zone et aucune intermodalité possible d’Axe 7 avec les axes ferroviaires et fluvial ?

 

Comment absorber la pollution générée par les 4000 véhicules supplémentaires prévus dans cette ZAC Axe 7 ? Le trafic généré par les entreprises déjà installées pollue déjà les villages du nord Drôme. La potentielle création d’un demi-échangeur ne fera qu’accroître le problème notamment sur la RD 1. Les populations riveraines sont déjà victimes des pollutions atmosphériques. Le site du projet Axe 7 et la comcom sont déjà pollués au dioxyde d’azote, aux particules fines et à l’ozone (https://www.orcae-auvergne-rhone-alpes.fr, profil CC PDA, septembre 2024). Le dossier présenté par la comcom tend à faire accroire que ces pollutions actuelles et futures ne seraient pas dangereuses car le site est bien ventilé ! La réalité est moins venteuse avec une pollution atmosphérique responsable en vallée du Rhône de 10% de la mortalité totale (Santé publique France, 2021). Le site voisin d’Inspira est déjà proche des niveaux de pollution du centre-ville de Lyon et de Feyzin pour certains polluants. Comment la comcom PDA peut promouvoir un modèle de développement qui conforte de pareils niveaux de pollution dont les conséquences funestes sur la santé et l’environnement sont aujourd’hui bien connues ? Comment ne pas voir l’impact désastreux de cette fabrique de la pollution sur la qualité de vie des populations, sur les productions agricoles locales et sur le tourisme vert ? 

 

Comment serait-il possible de limiter la pollution sonore, lumineuse, visuelle avec des bâtiments prévus pour être plus hauts que ceux existants suivant la proposition d’une « densification verticale » ? Aujourd’hui, la zone est illuminée toutes les nuits avec un bruit continu jour et nuit notamment sur le site DPD. Les établissements déjà installés sur cette zone ont posé des clôtures hermétiques. Ainsi la dernière base logistique (Sigma 14-holding Dentressangle) s’est clôturée sur 6 hectares en 2023. Comment imaginer que les établissements réduiraient à l’avenir la pollution lumineuse ou sonore et les clôtures alors qu’ils ne respectent pas ces principes à ce jour ? 

 

Comment accepter de rejeter plus de chaleur avec les process (type Trotec), la ventilation et la climatisation des bâtiments, les zones bétonnées et bitumées qui captent la chaleur ? Les ambiances sonores sont déjà pénibles de jour comme de nuit (site DPD). En l’état initial sur le site, y compris à distance des voiries, la pollution sonore est au-delà des valeurs recommandées par l’OMS. Il faut impérativement cesser d’exposer la population riveraine et les employés des entreprises à un niveau de bruit nocif pour leur santé. 

 

Pourquoi ne pas tenir compte du risque de prolifération du Moustique Tigre vecteur de maladies (dengue, chikungunya, zika, paludisme, fièvre jaune, West Nile, Usutu) ? Les communes de Saint-Rambert d’Albon et d’Albon sont colonisées par ce moustique depuis respectivement 2019 et 2021. Les populations d’Albon, d’Anneyron et de Saint-Rambert d’Albon souffrent plusieurs mois par an de cette invasion des moustiques provenant aussi des bassins de rétention aménagés sur les premiers établissements de la zone Axe 7.

 

Où trouver l’eau potable pour ce projet de ZAC Axe 7 prévu pour accueillir 2200 emplois ? La consommation d’eau potable serait de 279 m3/jour alors que la station de Teppe Bon Repos de la commune est sous tension à 600 m3/jour. La ZAC Axe 7 consommerait l’équivalent de la moitié de l’eau potable de la commune de Saint Rambert d’Albon qui ambitionne néanmoins une croissance de sa population pour les années à venir : la fameuse agglomération (Roussillon-St Rambert) portée par le projet de la fuite en avant dans la périurbanisation orchestrée par le SCOT Rives du Rhône ! Les eaux retraitées ou récupérées ne suffiront pas et il est donc prévu d’utiliser l’eau du système d’irrigation agricole (SID) qui feraient donc défaut à l’agriculture ou aux milieux naturels. Les eaux usées seraient traitées par la station d’épuration de St Rambert d’Albon. Pourquoi cela devrait être supporté par les contribuables ? Pourquoi les entreprises ne financeraient-elles pas leur propre station d’épuration ? 

 

Comment espérer que la faune se faufile d’Est en Ouest dans les couloirs arborés ? Est-il sérieux de prévoir en 2024 le développement des cultures PPAM alors que la filière est en crise depuis 2021 ? Comment la comcom pourrait réussir le développement de nouvelles cultures agricoles alors qu’elle se désintéresse depuis dix ans de cette question agricole et alimentaire ; ainsi elle n’a toujours pas réalisé de projet alimentaire territorial (PAT) ? Est-il judicieux de prévoir des places de parking et des promenades à proximité des champs agricoles et des reliquats d’espace naturel. Comment espérer maintenir en l’état les niveaux de la faune alors que son habitat serait détruit à 80 % ? Pourquoi continuer à nuire aux 53 espèces d’oiseaux présentes sur la zone ? Il s’agit notamment du Bruant ortolan (80 couples en région AURA), du Bruant proyer, de l’Alouette lulu ou de l’Oedicnèmecriard… Ces espèces sont déjà suffisamment déstabilisées par la destruction de leur habitat depuis deux ou trois décennies, il est temps d’arrêter ce carnage ! 

 

Pourquoi toutes les préconisations pour développer les modes alternatifs de déplacement ne sont pas respectées ? Axe 7 est éloigné de 1,7 km à 5 km de la gare SNCF de St Rambert d’Albon sans liaison pédestre ou cyclable. Le projet investit dans les places de parking pour véhicules à moteur avec 2259 places sur plus de 6 hectares. Les incantations aux « modes de transports alternatifs (mode doux, covoiturage, mutualisation) » ne pourront jamais réduire le mode unique de transport des marchandises prévu pour cette zone : les poids lourds. Avec un taux de déplacement en voiture du domicile au travail de plus de 80 %, plus de 2000 places de parking, une route de 18 mètres de large, il est douteux que les employés accèdent à la ZAC à pied ou en deux roues. 

 

Pourquoi reprendre les chiffres de l’étude de circulation routière fabriquée par Vinci pour la promotion de son projet de demi-échangeurs nord Drôme ? Ces études contestables et contestées concluent hâtivement que le demi-échangeur produirait une diminution de près de 25 % des flux soit une baisse de plus de 5 300 véhicules/ jour. Dans vingt ans, le projet Axe 7 prévoit une augmentation du trafic estimée à 4 071 véhicules supplémentaires. Tout cela est peu réaliste. Ce serait le premier projet de ZAC d’une centaine d’hectares intégralement desservi par la route et assorti d’un demi-échangeur autoroutier, qui ferait baisser in fine le trafic total sur la zone ! Cela sert à faire accroire au respect de l’objectif de la baisse des émissions des gaz à effet de serre (GES). La trajectoire locale de baisse des GES n’est pas respectée et c’est l’inverse qui adviendrait avec la mise en place de cette ZAC. En réalité avec ce projet Axe 7, nous contribuerions localement à «rouler sur l’autoroute vers l’enfer climatique, avec le pied toujours sur l’accélérateur» (Antonio Gutierrez).

 

Comment faire respecter les objectifs de l’autonomie énergétique avec la création et le développement de ce parc Axe 7 ? Ce projet propose de couvrir presque 7 ha de toiture et parking en panneau photovoltaïques soit les 2/3 des toitures et la moitié des ombrières des parkings. Mais cela conduirait seulement à 60 % des besoins en électricité et nécessiterait de changer les postes sources ou transformateurs électriques de la collectivité. Qui payerait de pareils investissements pour tenter de blanchir le bilan énergétique de ce projet ?

 

Comment respecter la trajectoire bas carbone (SNBC) de la comcom PDA avec un pareil projet Axe 7 ? La construction ou lotissement d’Axe 7 équivaudrait à l’émission de 400 tonnes de CO2 supplémentaire. Les productions de carbone des véhicules desservant la zone Axe 7 et ceux des process des « industries » ne sont pas comptés pas plus que la chaleur fatale des dites industries. Les arbres plantés sur Axe 7 stockeraient dans un demi-siècle environ 25 kg de carbone par an alors que l’agriculture contribue actuellement au stockage de 10 à 60 tonnes de carbone par hectare. Ce projet d’artificialisation de plus de 80 hectares conduirait donc à la perte irrémédiable d’un stockage de carbone par ces sols agricoles. La compensation envisagée dans ce projet par les seules prairies et la plantation d’arbres sur le reliquat de sol vivant d’une superficie de seulement 26 hectares (9,5 ha d’espaces naturels et 17,1 de terres cultivées) ne pourrait suffire.  Car ce reliquat de sol vivant ne pourra stocker trois ou quatre fois plus de carbone et absorber en plus le carbone supplémentaire résultant des émissions imputables au trafic routier et aux activités industrielles d’Axe  7. Les arbres plantés en 2023 sur le site de Sigma 14 sont pour une partie d’entre eux déjà morts avant même d’avoir commencé à stocker du carbone… 

 

Pour toutes ces raisons, l’avis de l’association Point de Bascule est très négatif. Nous appelons à l’esprit de responsabilité afin d’annuler ce projet et mettre les terres agricoles déjà achetées par la comcom PDA au service d’un projet agricole d’avenir qui serait respectueux des défis climatique, alimentaire et des générations futures.

 

A St Vallier, le 5 novembre 2024, 

Point de Bascule, collectif citoyen pour le vivant (contact@pointbascule.fr)