Ce 26 septembre, nous profitons du rendez-vous initié par ASSEZ! pour faire le point sur la lutte contre les échangeurs, symbole de l’inadaptation des politiques publiques aux enjeux vitaux auxquels nous faisons face, pour ajouter un point de rendez-vous supplémentaire sur la carte de France
Matinée de récolte dans le jardin des îles à Sarras. Vu la canicule et la sécheresse historique ont ne donnait pas cher de notre plantation collective de patates selon la méthode du jardinier fainéant.
Petit rappel de la méthode:
Février : fauche de la parcelle, en laissant l’herbe sur place, ajout de 30 cm de foin.
Avril : on dépose les plants entre le sol et le foin. Entre temps le foin a commencé à se décomposer et a stoppé les herbes (là où il était assez épais).
On laisse la nature faire… pas d’arrosage
Fin septembre: on récolte
Résultat très encourageant. Si les binges ne semblent pas adaptées au terrain et/ou à la canicule, les rosabelles sont magnifiques, c’est assez impressionnant!
Nous poserons le foin plus tôt cette année, probablement en décembre…
En tout cas c’est trop chouette de découvrir des nids de pommes de terre à assemblées sous le foin comme un cadeau.
C’est le deuxième atelier de 3h auquel je participe au nom de Frapna Drôme Nature Environnement pour la préparation du futur PTGE de Galaure – Projet de Territoire pour la Gestion de l’Eau. L’invitation vient de la Communauté de Commune Porte de DromArdèche. On y retrouve tout (ou presque) le monde des collectivités, syndicats, services publics et administrations, associations qui ont à voir avec les questions de l’eau dans le bassin versant de Galaure.
Le premier atelier avait été très intéressant, organisé avec finesse pour permettre l’expression sur un sujet qui peut vite devenir complexe et tendu. Ce deuxième atelier a été mené avec autant d’intelligence et de compétence navigant entre données scientifiques et particularités du territoire. Les participants sont de bonne volonté, concernés et attentifs, ce qui globalement permet de parler en confiance. On verra ce qui sortira du chapeau en Avril 2027, date prévue de la sortie officielle du PTGE. On verra ce que les élus retiendront de nos échanges.
Sans rentrer dans le détail, il s’agit de définir les grands enjeux pour Galaure et ses affluents, pour la nappe, pour l’eau de pluie (la seule ressource directe du territoire – il n’y a pas de magie!), pour l’eau potable, l’eau pour les vivants « sauvages », l’eau pour la “nature”, l’eau pour l’agriculture et l’eau pour l’industrie.
Ce qui m’intéresse ici dans cet article ce sont les imaginaires révélés par ces échanges.
Premier angle mort : ce qui cause le réchauffement climatique. Il semble acquis aujourd’hui qu’il y a bien un changement de climat et qu’il faut agir. On ne retrouve plus de climatosceptique. C’est déjà ça ! Alors on va parler de comment agir face aux changements climatiques mais la structure en silo des politiques publiques ne permet pas la vision globale. Donc on ne parlera pas de ce qui cause le dérèglement du climat. Ce qui facilite une certaine schizophrénie des politiques publiques qui artificialisent à tour de bras ( Zone industrielle, échangeurs A7, projet de pont sur le Rhône, 1700 logements nouveaux…) et qui font quelques mares pour faire mine d’être dans le mouv de l’hydrorégénération.
Si on veut lutter contre le réchauffement climatique : on arrête d’abord, de faire ce qui le provoque. Et on attend pas que “les autres” commencent. On le fait ici et maintenant. On s’informe sur les causes du réchauffement climatique https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/changement-climatique-causes-effets-enjeux Puis on arrête les politiques qui favorisent le transport et la dépendance aux flux mondialisés. On arrête les politiques d’artificialisation des sols… On change beaucoup de choses qu’on trouvait chouettes au 20e siècle… Comme l’a rappelé opportunément notre animateur du jour, un français génère 10 tonnes de carbone par an, il faudrait qu’il n’en génère que 2 tonnes! https://www.info.gouv.fr/actualite/calculez-votre-empreinte-carbone
La marche est trop haute, les solutions inaudibles dans l’état actuel des imaginaires collectifs, et impossible à évoquer par un responsable politique qui souhaite être réélu!
Deuxième angle mort : il n’y a pas que le réchauffement climatique! Parler du changement de climat c’est compréhensible par tous, presque 40° au mois de mai, on comprend vite qu’il y a un truc qui cloche. Mais la crise d’habitabilité de la planète est bien plus grave… Il y a encore 8 autres limites planétaires ! https://fr.wikipedia.org/wiki/Limites_plan%C3%A9taires
Et presque toutes ces limites sont en train d’être dépassées, globalement pour les mêmes raisons, les mêmes que celles qui causent le changement climatique : un emballement non maitrisé des activités humaines, une perte massive de savoir être terrien.
Houla! ok!, bon! on ne va parler que de l’eau, c’est déjà assez compliqué comme ça! Donc on limite les investigations du groupe de travail à la seule lutte contre les effets du changement climatique. Et on ne sait pas quelles seront les autres instances qui permettront un début de débat public comme notre petit groupe de travail à l’échelle du territoire… Pourtant les multiples dérèglements vont vite nous rattraper…
On se remet au travail, consciencieusement, la perte de biodiversité en cours sur le territoire attendra, la disparition des bruants ortolans, la mise en péril de la population de lamproie de planer, la fragilisation des forêts… On verra plus tard…
Ce deuxième atelier était destiné à tester quelques pistes d’actions. C’était assez réconfortant de voir que la tendance chez les participants est plutôt à la modestie, on se méfie des grands travaux. On comprend bien que la logique de substitution ressemble à un tour de magie, que tous les territoires sont en train de se tourner vers le Rhône qui perd déjà plus de débit que prévu. Il tombe entre 800 mm à 1m d’eau par an. La question est : comment on apprend à vivre avec ce volume? Et, très rapidement des considérations qui ne sont pas que aquatiques, s’invitent dans le débat. Notamment l’activité du territoire ne peut se penser que « en croissance ». Plus d’habitants, plus de maisons, plus de productions, donc besoin de plus d’eau. L’imaginaire de la croissance agit comme un cadre de pensée déterministe, “naturel”, c’est à dire qu’il est impossible de penser une politique publique sans croissance. Ce serait comme un aveu d’échec. Mais je ne veux pas ici militer pour la décroissance. Ce serait tomber dans un opposition binaire infertile et sans issue. Mais il faut quand même essayer de faire son bilan carbone personnel pour comprendre la difficulté (voir plus haut le site de l’Adème).
Essayons de sortir du débat quantitatif en mettant en avant des approches qualitatives. Est-ce que la qualité de la vie des habitants passe par plus de camions, plus de parkings, plus de voitures, plus d’emplois précaires? Est-ce que la qualité de vie passe par plus de maisons, plus de lotissements avec leurs cortèges d’idées noires et grises? Est-ce que les logiques de périurbanisation amènent une meilleure qualité de vie? Est-ce que la qualité de vie c’est de faire deux heures de route par jour pour se rendre au travail et en revenir ?
Et le mythe de la croissance trouve de nouveaux chemins. Il faudrait accueillir plus d’habitants pour permettre la liberté d’installation. On se demande ce que vient faire la liberté ici. Personne n’est libre de s’installer où il veut mais uniquement où il peut. Il n’est pas question de liberté. Et je repense à ces images de plages paradisiaques qui deviennent un enfer quand le surtourisme s’abat sur elles. Je me souviens de ma déception en voyant le film “l’incroyable histoire du facteur Cheval”. Où était la Galaure et la bise d’été dans ses peupliers? Où étaient les vallées de la Drôme des collines? Où étaient les galets des maisons? En fait il y avait trop de tôles, trop de fils électriques, trop de poteaux, trop de goudron dans la vallée de Galaure. Il a fallu trouver des contrées moins abimées pour reconstruire un enchantement et transférer le temps du film le cadre de vie du facteur Cheval dans des contrées plus acceptables. La question n’est pas de retrouver un monde perdu, mais un monde qui a de l’avenir.
Créer un laboratoire indépendant d’analyse de la radioactivité des activités humaines, c’était une gageure dans notre pays hyper centralisé. Surtout c’était mettre en jeux les autorités scientifiques, politiques et nucléocrates. On se souvient, c’était à l’époque, en 1986, où les nuages radioactifs s’arrêtaient aux frontières du pays. La CRIIRAD emmenée par Michèle Rivasi et Roland Desbordes ont rendu publique des mesures remettant en cause et fragilisant ainsi le récit officiel…
40 ans après l’association poursuit son activité d’alerte et d’information internationale à partir d’une France plus que jamais sourde et aveugle aux dangers majeurs de l’activité nucléaire. On ne maîtrise toujours pas l’entièreté de la chaîne industrielle du nucléaire, notamment ses déchets… Mais nous préférons notre niveau de vie et une énergie dite abondante, maîtrisable, propre, indépendante et pas chère. Autant de termes totalement faux.
Ceci pourra être l’objet d’autres articles.
Lors de la première conférence de cette journée anniversaire à Montelier – DrômeRoland Desbordes et Bruno Chareyron
Pour la première pierre nous n’avons pas vu Pierre : notre député européen est rentré dans la salle des fêtes de Saint Barthelemy de Vals en catimini. De même, nous n’avons pas eu le plaisir d’échanger avec le citoyen Florent malgré notre chaleureuse haie d’honneur. Une première pierre des échangeurs présentée comme une réunion « privée »! Un symbole de la dérive anti-démocratique alors que deux recours juridiques sont en cours, alors que 30 millions d’euros au moins, vont être dépensés sur des fonds essentiellement publics ou à partir d’une concession publique. Le public, justement n’est pas convié! En fait il est quasiment impossible aujourd’hui d’avoir un échange constructif avec des élus. Le système intercommunal crée un écran supplémentaire et éloigne les citoyens des lieux de décision. À tel point qu’un aménagement routier devient un objet privé!
Des élus se réunissent donc pour enfouir dans les fondations de leur futur échangeur un texte souvenir. Mais quel est ce texte? On imagine les archéologues du futur en train de découvrir le message, j’en imagine un :
« Nous, réunis ce mardi 26 août 2025,
après 2 vagues de chaleur inédite cet été ,
alors que tous les scientifiques nous ont largement averti des effets délétères du transport routier sur le climat (30% du réchauffement climatique),
alors que des citoyens nous alertent sur la dégradation de la qualité de vie et de la santé (bruit, pollution de l’air, pollution de l’eau, cancers….),
alors que nous savons que notre politique d’aménagement détruit la biodiversité (disparition de l’emblématique bruant ortolan des Fouillouses),
alors que l’autoroute renforce le transport par camion et que nous savons qu’il faut au contraire, engager une réduction de la dépendance aux instables échanges internationaux pour retrouver, notamment, un peu d’autonomie alimentaire sur notre territoire;
alors que nous savons que notre imaginaire aménagiste est dépassé, qu’il devrait s’envisager sur des bases nouvelles…
Nous, donc, avons décidé ce jour de fonder le « club de l’île de Pâques » en hommage à ce peuple de bâtisseurs aveugles et obtus. »1
Suit une photo prise aux Roches qui dansent d’une vingtaine de sculptures de têtes énormes d’élus renfrognées dans leurs certitudes apparentes avec la dédicaces « à nos enfants et petits enfants ».
Un reportage d’Elzear
Avant d’aller faire la haie de déshonneur
1 – l’allégorie de l’île de Pâques s’appuie sur l’hypothèse de Jared Diamond d’un « suicide écologique » sur l’Ile de Pâques. Les recherches archéologiques ont montré que les changements brutaux sur l’île sont liés à l’esclavagisme et à l’exploitation des ressources par des envahisseurs successifs. Avidité sans vergogne, inconséquence des choix, l’allégorie fonctionne quoi qu’il en soit…
Malgré la propagande officielle qui a formaté les cerveaux français depuis très longtemps, il reste encore des personnes lucides, notamment sur les dangers de cette industrie. En bout de chaine de cette industrie, la question des déchets reste cruciale depuis le début du programme nucléaire de tous les pays du monde. Imaginez que vos toilettes ne soient raccordés à aucun système de traitement, que vous décidiez donc de stocker vos bienfaits quotidiens dans une pièce de la maison, en la murant et en vous disant: « mes petits enfants s’en occuperont, ils auront assurément une solution technique… » C’est un peu la même chose pour le nucléaire et ses bienfaits empoisonnés pour des centaines de milliers de générations.
La manif’ du futur, Ne laissons pas la poubelle nucléaire enterrer notre avenir!
Greenpeace, de son coté ne cesse de renouveler son argumentaire et si vous voulez trouver les bons arguments pour contrer les fans de Janco retrouvez le catalogue des idées reçues https://www.greenpeace.fr/les-idees-recues-sur-le-nucleaire/
le catalogue existe aussi en papier, pour l’offrir à votre belle-mère ou à votre voisin, à votre cousine…
En tout cas, que l’on s’intéresse aux questions de transport, d’artificialisation des sols, d’agriculture saine, d’énergie, de climat … on retombe toujours sur les mêmes questions : celles de nos modes de vie…
Atelier : Contre l’artificialisation et la filière béton : comment agir?
Aux racines de l’artificialisation des terres, il y a les choix politiques et les projets polluants, mais il y a aussi derrière le monstrueux empire de la filière du béton. Comment la désarmer et la détruire, pour enfin en finir avec l’artificialisation ? Intervenant·es : Notre Affaire à Tous / Les Batisseureuses des terres
En principe, avec la loi ZAN, les communes ne peuvent artificialiser plus de 50% des terrains déjà artificialisés sur leur territoire (une carte a été faite par Terre de Luttes qui recense toutes les artificialisations). Dans cette loi, il y a des éléments assez discutables : par exemple, les carrières ne sont pas considérées comme des terrains artificialisés, alors que les jardins des particuliers, oui). Elle reste néanmoins un garde fou. Mais de nouvelles lois (Duplomb), veulent donner des marges de manœuvre aux municipalités et aux régions, dans le but de sortir de cette loi ZAN. – Ainsi, il est question avec la loi Duplomb de sortir les autoroutes de cet encadrement des – 50% de la loi ZAN (mais aussi les prisons, les centrales nucléaires, les zones photovoltaïques …). – Les carrières qui occupent 2,3% des terrains de l’Hexagone, sont le berceau de l’artificialisation. En général, elles sont rebouchées par des déchets du BTP, considérés comme inertes et non polluant. Il y a peu de contrôles sur les remblais apportés en carrière. On considère que les déchets du BTP, sont ainsi revalorisés (on joue avec les mots !). Ce système est autophage: du fait que le remblaiement de carrière est considéré comme une revalorisation. Les carrières sont incluses dans l’aménagement du territoire. Elles font partie des rouages politiques : l’extraction des uns sert à la construction et à l’urbanisation des autres. Et on constate partout un lobbying des carriers auprès des élus (qu’ils soient locaux ou nationaux). La filière béton bitume et granulats relève souvent d’un système qui pourrait être considéré comme mafieux. – Pour lutter contre ce système, il faut déjà tenter d’enquêter pour construire l’histoire des sites et des flux. L’idée est de démasquer les conflits d’intérêts. Il faut construire un narratif et le porter auprès des citoyens. Il faut aussi se coaliser entre associations pour mieux résister aux différentes pressions.